12.12.2008

Entre ombre et lumière

Il n'est pas rare que l'on ait envie d'écrire la nuit. Paradoxalement, les idées y sont souvent plus claires que durant le jour. Mais n'allez surtout pas vous imaginer que je suis insomniaque, en fait c'est exceptionnel et toujours la conséquence d'un fait extérieur. Quelqu'un qui rentre dans l'immeuble sans précautions, sans se soucier du repos des autres, par exemple. Si on laisse passer ce moment là, il est très rare de retrouver les idées qui vous ont traversé l'esprit, le lendemain au réveil.
J'avais, je le sais beaucoup de choses à formuler cette nuit et puis faute de pouvoir accéder à l'ordinateur sans procéder à un mini-déménagement (...) me suis rendormie comme tout un chacun et au premier battement de cil, bernique ! c'était parti ... Cioran disait qu'il n'aurait jamais écrit s'il n'avait été insomniaque. Il n'y a pas d'interférences parmi ce calme ambiant. On est alors forcément, plus lucide. Ceci est vrai et faux à la fois car il est également indéniable que la nuit a tendance à aggraver les situations. Moi, dans ces moments là, il m'arrive de pousser au drame pour ne pas dire à la tragédie car alors ce serait presque une déformation professionnelle. Tout peut paraître évident, limpide mais pas toujours agréable, il est vrai. Je ne sais pas si pour vous c'est la même chose mais en cet état de veille je déshabille (mentalement, rassurez-vous) n'importe qui. Mon analyse est claire, nette, précise. C'est simple, ma conclusion est les psy' ne devraient même donner de consultations que la nuit.
Quelle belle enseigne : Dr La Bricolle, voyant-nocturne extra-lucide !
Les maris accompagneraient leur femme à la consultation afin qu'elle ne risque pas de se faire attaquer en empruntant des rues obscures et le spécialiste pressé d'aller se coucher, concentrerait alors toute son attention sur l'aspect positif de la chose, allant même jusqu'à dire,
- " allez, chère Madame, rentrez chez vous, n'ayez nulle crainte, tout ira bien. " Certes, les thérapies ne joueraient plus les prolongations mais comme il s'agirait d'un tarif de nuit, ceci compenserait cela.
Comment en suis-je venue à traiter d'un tel sujet ? Je sors à peine de la lecture du (Le) Maître des Ames, il est vrai et j'ai encore en préparation le commentaire de " Déjeuner chez Wittgenstein " de Thomas Bernhard où le personnage de Ludwig (non pas Louis II, un autre) hante encore ma mémoire. En réalité, je peine quelque peu à me détacher des images fortes créées par Guy-Pierre Couleau lorsque je découvris cette pièce en Avignon, il y a maintenant ? ... une quinzaine d'années ? Preuve qu'un excellent spectacle marque indéfiniment.
Allons, je ne vais pas tarder à aller voir la dernière pièce écrite par cet auteur (Alain Cauchi, pour ne pas le nommer) croisé samedi dernier à l'exposition de toiles et sculptures organisée par le copain B.P. et une autre pièce décalée est programmée de nouveau pour la semaine prochaine ...
Voir ainsi les autres vivre sous les feux de la rampe permet de relativiser les incidents de la vie de chaque jour. Au moins là, on sait que ce n'est pas " pour de vrai " comme disent les mômes. Il ne peut y avoir préjudice.
Dans la vraie vie, on apprend qu'une certaine ex-mannequin s'expose à poil sur des sacs et vient d'attaquer la société en question. Au fait, si elle n'avait pas posé nue, personne n'exploiterait sa photo il me semble ? Geneviève de Fontenay non contente d'avoir un chapeau vissé sur la tête se tient droit dans ses bottes pour mieux souligner le summum de ridicule qu'elle représente. Le Conseil Constitutionnel vient de ratifier la retraite à 70 ans disposition votée par des gâteux qui ne veulent pas rester seuls en activité. De quoi nous plaignons nous ? ... La vie est belle, non ?
Après ce rapide tour d'horizon il est évident que malfaisance et bêtise ont toujours de beaux jours devant elles ...

N.B. Je ne sais pas si je vais poursuivre la rédaction de ce blog qui arrive bientôt à expiration puisque j'ai droit à plusieurs espaces sur Hautetfort au titre de la formule pro. Auquel cas, vous savez où me retrouver.

Pour mémoire ou information : http://eclats-de-dire.hautetfort.com

10.12.2008

Irène Némirovsky : Le maître des âmes

Némirovsky.jpg
Quel beau titre de roman pour décrire la superbe manipulation à laquelle certains ou certaines se soumettent par faiblesse, par incapacité de résoudre leurs problèmes seul(e)s. Irène Némirovsky consciente du peu d'empathie que risquait de déclencher son personnage-vedette, sombre un temps dans le misérabilisme mais ce n'est que pour mieux camper la personnalité de l'être qu'elle va décrire.
Un petit levantin, traîne-savate las de ne pas gagner sa vie en exerçant sa profession va peu à peu dériver en direction de cette (bien souvent) pseudo-spécialité que l'on nomme : psychanalyse. Je ne dis pas que tous les psy' sont à jeter à la poubelle mais en regard du prix de leurs honoraires et de l'efficacité des résultats, disons que c'est le cas pour la plupart. Du reste, cette manie venue des U.S.A commence à avoir du plomb dans l'aile, ce qui n'était pas le cas à l'époque où commence l'action : durant les années 20.
L'auteur excelle à brosser le portrait de tous ces personnages pris pour la plupart dans la tourmente carriériste, portés par cette soif du paraître qui régit certains milieux. Parmi toute cette noirceur émerge le personnage de Clara, épouse plus que complaisante mais jamais coupable de ce singulier docteur Asfar.
L'instinct de conservation peut-il à ce point pervertir un individu ? Tous ceux qui ont connu des difficultés se vengent-ils de ce qu'ils ont vécu jadis ? J'aime à croire qu'il n'en est rien. L'amour immodéré de l'argent conduit aux pires excès, le fait s'est presque toujours vérifié. L'emprunt (sujet d'actualité) régit tout le déroulement de l'histoire. Eternelle confusion entre valeur réelle et valeur marchande. Ici, Irène Némirovsky nous fait visiter les coulisses de cette ascension exceptionnelle et si comme chacun sait, le plus difficile est de terminer un livre, elle y parvient avec une férocité inégalée.


Paru chez Denoël, collection Folio n° 4477

08.12.2008

Rhumexpo '

mouchoirs.gif
Je me demandais pour quelle raison je n'avais rien fait hier ? ...
J' couvais un rhume, c' te blague !
J'ai passé la journée comme enfouie dans la " wouate " pour me réveiller ce matin avec " une belle voix pour écrire " ce qui tomberait bien si je n'avais les neurones qui font du tricot dans le style : " une maille à l'endroit, une maille à l'envers ... UN JETE ! (j'avais oublié le plus important : coucou, FAFAF !) "
Comme je déteste les médicaments, je me suis ruée sur oranges, citrons et miel en une vision vitaminique de gestion de la crise. Ne pas oublier les gélules de thym, aussi.
Atch ... (à mes souhaits !) -

Samedi, j'avais donné rendez-vous à mes deux principaux " body-guards " afin de les entraîner à une expo organisée par un copain qui a laissé tomber la radio mais pas la peinture, contrairement à moi qui ne pratique plus ni l'une ni l'autre ...
Frédéric m'attendait dehors, très gentleman-farmer ... (à cause du couvre-chef) mais ayant à faire et peut-être pour ne pas succomber à l'envie d'acheter une oeuvre qui, décidément lui plaisait beaucoup, il ne stationna sur place que très peu de temps.
Dans l'intervalle, j'avais récupéré un auteur qui a oublié de ne pas avoir de talent et dont je devrais reparler " incessamment sous peu " ... Il ne me restait plus qu'à attendre Julien qui m'avait prévenue qu'il serait en retard à cause d'un repas d'anniversaire tombant précisément ce jour là.

Il faisait sur place une chaleur à crever. D'ailleurs le copain-peintre laissait deviner ses abdos-en-béton (laisse béton, Simone !) sous un tee-shirt recouvert d'une simple chemise ... J'avais conservé mon manteau et quand je ressortis de cette étuve, c'était gagné d'avance ...
Aaatch ... (à mes souhaits ! )
" Ah ! qu'est-ce que ch' tiens, ah ! qu'est-ce que je tiens. " ... (esprits salaces s'abstenir) -
Ouh ! c'est un joli exercice de diction, ça, tout à fait dans le style : " pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? "
Même enrhumée, on a des lettres, qu'est-ce que vous croyez ? "
Oh ! p ... d'Adèle
" comme dirait Frédéric, précisément.

nus.jpg

www.brunoperroud.com
bruno.perroud@tatouvu.com