30.08.2008
promenade (un samedi ensoleillé) ...
La tour St-Jacques (qui vient d'être restaurée) est en fait l'ancien clocher de l'église St-Jacques de la Boucherie, construite en 1060 et démolie en 1797.
Ce nom " La Boucherie " lui avait été ajouté sous le règne de St-Louis à cause de La Grande Boucherie voisine.
L'actuel square St-Jacques recouvre l'emplacement de l'église, son parvis et les petites rues qui se trouvaient autour ...
Le clocher de l'église (actuelle tour St-Jacques) dominait tout le quartier du Grand Châtelet. Il fut construit de 1508 à 1522 sous Louis XII et François 1er, en remplacement de l'ancien clocher et dans le style gothique flamboyant.
Le nom de l'architecte n'est pas arrivé jusqu'à nous ...
Pour une fois que le ciel était bleu et sans un seul nuage ! ...Eglise St-Jacques de la Boucherie (gravure)
voir CONNAISSANCE DU VIEUX PARIS de Jacques Hillairet - collection Rivages.
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29.08.2008
Le silence de Lorna de Jean-Pierre & Luc Dardenne
film belge avec Arta Dobroshi, Jérémie Renier - 1h.45 -
Dans ce monde où seul l'argent compte, que ne feraient certains pour s'acheter une maison ou s'offrir un fond de commerce ? ...
Lorna, une jeune albanaise, pour obtenir la nationalité belge a contracté un mariage blanc avec Claudy, toxicomane notoire. Tout passe par l'intermédiaire de Fabio, un chauffeur de taxi qui arrondit ses fins de mois à grand renfort de trafics en tous genres. Rien ne l'arrête, pas même la perspective de tuer pour toucher sa commission.
Or, maintenant que Lorna est en possession de ses papiers d'identité belge, il pense à la vendre à nouveau et le plus vite possible.
Pour cela, Claudy doit disparaître.
Qui s'étonnerait de la survenue d'une over-dose concernant un drogué ?
Mais, depuis qu'il connaît Lorna, Claudy a décidé de s'en sortir et demande à cette dernière de l'aider. Fabio en a décidé autrement puisqu'un russe passé à l'ouest est tout disposé à payer et Lorna veuve, devrait faire l'affaire !
On mesure à quel point cette société s'est débarrassée de tous principes moraux quand il s'agit de " faire du fric "
Jérémie Renier dans le rôle du toxicomane est excellent comme d'habitude et l'on découvre une Arta Dobroshi, tout à la fois sensible et déterminée.
Ce film récompensé à Cannes par le prix du scénario est à voir sans aucun doute.
Simone @
18:15 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.08.2008
ANNONCE : spectacle musical
ESSAION, 6 rue Pierre au Lard 75004 PARIS. (M° Hôtel de Ville) Loc. 01 42 78 46 42
Du mercredi au samedi à 20 heures.
Lundi même heure (relâche mardi & dimanche)
La première est toute en longueur, un "élégant spaghetti". La seconde est plus rebondie, avec "un certain répondant". Deux croquis, deux visions de cette "moitié du monde" qu’Anne Sylvestre sait si bien faire parler de sa plume incisive et sensible, jamais complaisante. Mères, filles, soeurs, amoureuses, rivales : "Nous sommes de celles" conjugue le féminin à tous les temps et débusque la femme dans tous ses états.
"Katia Redier et Anne Veyry ont choisi un jeu très théâtral, très vif, très varié, pour aller de chanson en chanson, de portrait en portrait, d'humeur en humeur dans les textes d'Anne Sylvestre. (...) Toutes ces chansons bien connues trouvent des gravités, des sourires, des cruautés, des tendresses inattendues, sans que jamais on ait le sentiment qu'elles soient sollicitées de manière arbitraire."
Bertrand DICALE - Le Figaro - 3 septembre 2007
"Une économie de moyens réjouissante, et pourtant une folle diversité, pleine de finesse, dans l'évocation des personnages et des situations."
Anne Sylvestre - à propos de "Nous Sommes de Celles"
15:00 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.08.2008
France 5 : la fin de l'Inquisition (lundi 25/8 : 20.40)
Les dossiers secrets de l' Inquisition (4ème et dernier volet)
Documentaire de David Rabinovitch (2006)

Quand un catholique déclare (écoeuré) s'être détourné de la religion à cause de cette tache indélébile qui se nomme : Inquisition, on a coutume de lui répondre,
-" Oh ! mais c'était il y a bien longtemps, l'église a changé " (contrainte et forcée, oui) ou bien,
" cela se passait essentiellement en Espagne " alors que cette même église s'est toujours voulue universelle et que par conséquent, ses règles sont les mêmes partout où elle exerce son autorité. Il suffit pourtant de quelques dates pour remettre les pendules à l'heure ...
Inquisition médiévale - Inquisition espagnole en 1478, portugaise en 1531 puis romaine en 1542 (Paul III) : CONGREGATION DE LA SAINTE (sic) INQUISITION qui sera rebaptisée (si je puis dire ...) CONGREGATION DU SAINT (re-sic) OFFICE en 1908 ce qui revient à dire qu'au 20ème siècle, (hier) l'Inquisition était toujours en exercice ... Dernière appellation (contrôlée : " ceci est mon sang" ...) en 1965 (mais l'origine reste inchangée) CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI dont le grand Inquisiteur fut le pape actuel.
Alors la réponse " c'était il y a bien longtemps " me semble pour le moins inadéquate.
Certes, on ne brûle plus les hérétiques en place publique mais en 1815 le célèbre peintre Goya eut tout de même maille à partir avec le Tribunal inquisitorial !
Quelle étrange amnésie fait que l'on choisit de minimiser tout cela ?
Si l' Ancien Régime n'était pas revenu après Napoléon 1er, l' Eglise n'aurait pas récupéré ses anciennes prérogatives car celui (qui rendit provisoirement quelque espoir et dignité aux juifs) avait récupéré les dossiers de l' Inquisition qui repartirent un peu plus tard en sens inverse ...
Le quatrième et dernier épisode de cette série documentaire fait état de l'enlèvement d'un jeune garçon juif par la milice papale. Le fait s'est déroulé en 1858 et le cas Edgardo Mortara baptisé secrétement par une servante catholique mettra en émoi l'Europe entière, jetant le discrédit sur l'église pour avoir appliqué de telles méthodes. Or, l'inquisiteur Feletti agissait sous les ordres direct du pape Pie IX. Car le but était et reste sans doute de convertir juifs et musulmans afin que la seule et unique religion soit celle de l'église apostolique et romaine. (Il leur est permis de rêver ...)
Le terme pouvoir hégémonique n'a pas été utilisé de façon abusive !
08:00 Publié dans film à la télé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.08.2008
La fille de Monaco d'Anne Fontaine
Film français avec Fabrice Lucchini, Roschdy Zem, Louise Bourgoin, Stéphane Audran, Gilles Cohen, Jeanne Balibar, plus ...
Il existe des professions pour lesquelles il vaut mieux avoir l'esprit libre. Celle de journaliste par exemple, imaginez un critique-cinéma qui serait obnubilé par une comédienne et souhaiterait la voir dans tous les rôles ...
- une animatrice radio obsédée par un chanteur qui ne ferait que passer ses disques ...
En pareilles circonstances, c'est le suicide assuré, il faut trancher dans le vif !
Alors lorsqu'il s'agit d' un avocat avec toute l'implication qu'une plaidoirie présuppose ... si ce dernier tombe raide-dingue d'une bombe sexuelle, l'incident risque de lui fait perdre tous ses moyens.
C'est précisément le thème du film.
Vous avez sans doute remarqué à quel point les gens intelligents peuvent devenir stupides quand ils sont amoureux, on a alors l'impression d'être confrontés à un sablier que l'on vient de retourner, puisque c'est exactement le même et son absolu contraire. L'idée géniale de ce film a été de choisir Fabrice Luchini pour illustrer ce contre-emploi ponctuel. Le brillantissime personnage devient un petit garçon timide et gauche face à cette amazone délurée pour retrouver (heureusement) son assurance dès qu'il entame sa plaidoirie.
Pour le protéger, il y a Christophe - garde du corps zélé - rôle interprété par Rochdy Zem. Ce dernier lui a été imposé par le fils de la femme qu'il est venu défendre (impressionnante Stéphane Audran) et l'avocat trouvera la clé de l'énigme précisément grâce à ce qu'il est en train de vivre, personnellement.
Le film est intelligent, mené à un rythme d'enfer et en dit long sur les circonstances qui peuvent faire basculer une vie.
Simone @
11:00 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.08.2008
GOMORRA de Matteo Garrone (Durée : 2h.15)
Film italien avec Salvatore Abruzesse, Maria Nazionale, Salvatore Cantalupo, Toni Servillo ...
Le film commence tel un coup de poing, par un massacre perpétré dans un solarium et nous savons immédiatement que le LA est donné. La violence atteint deréchef les profondeurs abyssales de cette plongée bleutée évoquant la noyade dans des océans où les requins sont ces membres de la Camorra désignée ici sans ambages.
Les étages de cette cité populaire évoquent des couloirs de prison.
Là, s'y déroulent tous les trafics et là ont lieu tous les règlements de comptes ...
- Décor sordide abritant toutes les déchéances, incluant toutes les formes d'exploitations où l'argent liquide est distribué avec parcimonie par des intermédiaires aux poches pleines.
- Ateliers clandestins travaillant pour les grands noms de la mode,
- transports et stockage de déchets toxiques au mépris des conséquences.
Ces gens là ne respectent rien et surtout pas la vie ! On recrute parmi les plus jeunes et les plus violents surtout parmi ceux qui sont les moins aptes à réfléchir ... car l'impression générale que donne le film c'est d'être peuplé de débiles mentaux tels ce tandem formé par Marco et Ciro qui agissent uniquement par pulsions aussi imprévisibles que violentes.
Un court instant, on espère que le petit coursier, Toto échappera à la malédiction et puis non, car il n'y a aucune issue de secours en cet enfer instauré. Confrontés à cet univers apocalyptique, on se surprend à désirer voir à l'horizon l'ombre d'un uniforme or apparemment l'autarcie est complète et tous ces monstres maîtres des lieux.
Politiques et policiers seront éludés, seuls règnent ces mafiosi installés dans leur vulgarité graisseuse et sans appel. Afin de mieux nous convaincre que les faits sont réels, le film a l'aspect d'un documentaire.
Nous sommes aux antipodes du Parrain ou même de la Vierge des Tueurs, c'est une réalité crue qui nous est servie sans laisser place à la moindre petite échappatoire.
Ajouter " âmes sensibles s'abstenir " constituerait un pléonasme pur et simple !
Simone @
09:55 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.08.2008
Promenade dominicale
Et bien, j'y suis z'été ! ... J'ai finalement décidé de ressortir mon " Bijou " en clair mon noir destrier dont les sabots (pardon, les pneus) n'étaient pas même dégonflés. Pas plus que leur patronne, non mais ! ...
Août à Paris, c'est pourtant le mois idéal pour faire du vélo, surtout le dimanche où il y a quand même un peu moins de circulation. Quoique ... ça dépend où on va ...
En semaine, chaque fois qu'en qualité de piéton, mon itinéraire croise celui d'un vélo, je culpabilise. Cà sert à quoi au juste d'en posséder un si c'est pour ne jamais l'utiliser ? (ou presque) - Je crois bien que plusieurs décennies de règlement de sinistres de la circulation m'ont traumatisée.
C'est un peu la jungle : les taxis font exprès de passer le plus près possible (une portugaise craindrait pour les poils de ses jambes, moi ça va, je suis lisse comme un caillou) par contre, les portières qui s'ouvrent brusquement du côté circulation, une embardée et vous vous faites cueillir par la voiture qui vous collait trop aux fesses car n'en déplaise à Bertrand mais des pistes cyclables, il n'y en a pas partout ! Alors mieux vaut prévoir les impondérables ...
Etre sur le qui-vive : tu parles d'un délassement ...
Je suis passée devant le domicile de mon copain Georgy * qui a prolongé son séjour au Maroc d'une semaine. Il va revenir doré comme du pain cuit et en comparaison, je vais ressembler à un lavabo (d'avant guerre) -
Ah ! au fait ... je me suis décidée à aller jeter un oeil sur ma bibliothèque souterraine. Rien n'a bougé. Tout est en place - apparemment, aucune humidité. N'importe, Je n'aime pas vivre sans avoir mes livres autour de moi. Chaque fois que j'ai besoin de l'un d'eux ... comme par hasard, il est en bas et je ne peux pas reculer les murs ici. Quel veinard, cet Umberto Ecco qui change de domicile chaque fois qu'il ne peut plus caser ses livres ... Moi, chaque fois que je déménage, c'est pour récupèrer un logement plus petit. Apparemment, je me débrouille mal.
* Il va se marrer quand il va me lire ...
Faisons un rêve et multiplions le, par trois ou quatre ... Il ne suffit que d'une pièce supplémentaire pour ça !
17:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.08.2008
VERSAILLES de Pierre Schoeller (durée 1h.53)
Film français avec Guillaume Depardieu, Judith Chemla, Patrick Descamps, Aure Atika, plus ...
Pourquoi avoir choisi Versailles (plutôt que Vincennes par exemple, ce qui eut été un peu plus plausible) par goût des contrastes sans doute, car nous ne ferons pas au réalisateur l'injure de supposer qu'il ait voulu nous amener à réfléchir sur les injustices flagrantes de notre société ...
Le film reste, çà et là parsemé de quelques invraisemblances ... Le Samu social laisserait il une femme accompagnée d'un enfant de 5 ans dehors en se contentant de lui proposer une boisson chaude ? ... Ensuite quand elle sera " récupérée " on l'installera comme par hasard dans ce qui fut la citée des rois. Un peu gros, quand même ! La misère va donc coudoyer les splendeurs passées.
La rencontre avec Damien, cet homme des bois ne va pas tarder à s'effectuer et après un rapprochement que nous qualifierons de biblique ... la dame va s'évanouir dans la nature sans l'ombre d'une explication.
Après lecture d'un article parlant de réinsertion, cette mère va prendre le train (tiens, elle avait de quoi le payer ?) et revenir quelques temps après pour découvrir la baraque censée abriter l'homme auquel elle a abandonné son fils, ravagée par les flammes. Damien a de son côté amorcé une tentative de reprise en mains, débarquant avec l'enfant chez son père ... Ebauche de vie normale puis ... pfft ! nouvelle disparition mais réapparition de la mère (on ne sait comment).
Le petit garçon a grandi, de blond est devenu brun (encore un symbole sans doute puisque le rapprochement avec la mère s'effectue, apparemment sans histoire, sans l'ombre d'un reproche de la part de cet ado qui accepte d'avoir été largué puis récupéré. En résumé, les intentions sont louables mais l'aventure difficilement crédible à cause de la présence du garçon, précisément.
Les interprètes, eux - en revanche - sont formidables, tous sans exception !
Simone @
22:40 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.08.2008
L'empreinte de l'ange (durée : 1h.35)
Film français de Saly Nebbou.
avec : Catherine Frot, Sandrine Bonnaire, Wladimir Yordanoff, Sophie Quinton,
Michel Aumont, Antoine Chappey, plus ...
Réunir Catherine Frot et Sandrine Bonnaire en une même distribution, c'était déjà dès le départ, jouer sur le velours ... Ce film est tiré d'un fait réel dont le réalisateur, Saly Nebbou saura cultiver le suspens tout au long du déroulement de l'histoire.
Il n'est que trop facile de décréter que quelqu'un est dingue quand un évênement traumatisant a bouleversé la vie de celui ou celle que l'on juge ainsi.
Elsa (Catherine Frot) a perdu sa petite fille âgée de 5 jours lors de l'incendie de l'hôpital où elle a accouché. Certains coups du sort sont difficiles à admettre et cette femme s'obstine à nier que son enfant est morte ...
Le drame a débouché sur un divorce et nous la retrouvons quelques années plus tard alors que son ex-époux lui confie leur fils pour quelques jours car son état psychique lui en a interdit la garde permanente. C'est du moins l'opinion que tout le monde a la concernant.
Elle va un jour " reconnaître " SA petite fille lors d'un goûter d'anniversaire chez les parents d'un ami de son fils. L'obsession ne la lâchera plus : elle est convaincue que c'est elle et va ensuite présenter tous les symptômes d'une névrose obsessionnelle.
L'instinct maternel existe t-il réellement ? Une mère peut-elle savoir que son enfant n'est pas morte quand tout le monde affirme le contraire ? C'est bien entendu la question que l'on se pose après avoir vu ce film remarquable à plus d'un titre.
Simone @
20:15 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.08.2008
Siné, quoi ! ... non ?
Intéressant, ce papier paru dans POLITIS ... et n'allez pas me dire que le sujet appartient déjà au domaine du " réchauffé " car on oublie trop vite, c'est même cela qui crée la désinformation : abondance + abandon ...
L’affaire Siné
PAR Bernard Langlois
jeudi 24 juillet 2008
" Mes lecteurs réguliers savent tout le bien que je pense du sieur Philippe Val, ancien chansonnier très moyennement doué, devenu par d’obscures manœuvres directeur d’un titre satirique qui fut longtemps glorieux, Charlie Hebdo. On ne va pas revenir sur toutes les vilenies par ce monsieur dispensées chaque semaine, le long d’éditoriaux filandreux à prétentions philosophiques (qui lui ont valu le surnom de Spinoval, tant il fait usage, à grands coups de citations, de l’œuvre du philo sophe marrane Spinoza), ni sur la patiente épuration conduite, dans une rédaction menée à la schlague, de tous éléments ayant osé contester la dérive avérée du journal vers des horizons quasi néoconservateurs (atlantisme, libéralisme, sionisme, islamophobie…) à l’opposé de ce que fut le vrai Charlie Hebdo d’antan : passons. Le renvoi de Siné, dernière saloperie en date, est une grosse bêtise, dont (peut-être) ce petit arriviste de Val ne se remettra pas ; le prétexte en est dégueulasse et grotesque.
Grosse bêtise, car Siné, à près de 80 balais, est une des grandes figures du journal et du dessin anar en général, au talent iconoclaste et au courage politique (notamment pendant la guerre d’Algérie) très largement reconnus. La nouvelle de son licenciement a provoqué une levée de boucliers et la manifestation d’un soutien qui doivent lui faire chaud au cœur.
Prétexte, car la vraie raison n’est pas du tout la crainte d’un procès qu’aurait envisagé de lui faire le fils Sarkozy, que Siné épinglait dans sa dernière planche avec son sens habituel de la nuance : en vérité, Siné était un des rares auteurs de Charlie qui se permettait encore de contester publiquement le patron, et qui lui était encore rentré dans le lard récemment à propos d’une autre saloperie, dirigée ce coup-là contre Denis Robert.
Prétexte dégueulasse, parce qu’il n’y a pas d’injure plus grave, au regard de l’Histoire et de ce qu’elle nous a appris du sort du peuple juif, que de traiter quelqu’un d’antisémite : aux yeux d’un Siné (aux miens aussi du reste), il n’est pas incongru, dans un espace public aseptisé, de polémiquer à grands renforts de noms d’oiseaux, c’est même recommandé – c’est sain, ça fouette le sang, ça réveille, ça ravigote –, mais il est des limites à ne pas franchir, l’accusation d’antisémitisme en est une, qui porte atteinte à l’honneur.
Prétexte grotesque, enfin, car qui connaît Siné (l’homme et l’œuvre), ses goûts interlopes, son internationalisme de principe, sa phobie de toute idéologie cocardière, de tous sectarismes, de toutes religions, de tous interdits en général, et son goût immodéré pour les provocations en tous genres – au demeurant, le meilleur des hommes, des époux, des pères et des amis des chats (qui le lui ont bien rendu !) –, qui le lit et rigole de ses pochades depuis des lustres sait qu’il n’a rien d’un raciste en général, ni d’un antisémite en particulier. Mais voilà : comme quelques autres, qui ont subi la même accusation gratuite, il soutient sans barguigner le peuple palestinien, depuis un demi-siècle sous le joug d’un État qui l’est, lui, raciste. Sinon dans ses principes, du moins dans sa politique ordinaire. Vous savez bien que s’en prendre à Israël est, dans ce pays, LA faute impardon nable, celle qui vous met au ban de la société, vous traîne au banc d’infamie. Ce qui est arrivé à Siné est somme toute banal. L’accusation a été d’abord portée sur une radio par un agent d’influence israélien coutumier du fait (comment s’appelle-t-il, déjà ? Sarkolovitch, un nom comme ça). Siné, fort naturellement, traîne ce peigne-cul en justice.
PIED GAUCHE
Mais le plus triste, à mes yeux, est l’absence de réaction de la plupart des rédacteurs de Charlie, les collègues de Bob : les vieux de la vieille se retournent, gênés, dans leur couche ; ou font mine de ne pas comprendre ; ou, pour les plus fringants, toussent un peu en tétant leur havane : ils ont l’excuse d’être vieux, amortis, décorés, malades, voire déjà morts (seul Willem, à l’heure où je rédige, a signé la pétition de soutien). Les jeunes, eux, n’ont aucune excuse, sauf de préserver leur carrière (mais vu le barouf que provoque l’affaire, on va peut-être trouver des résistants de la dernière heure…). Autrefois, c’était surtout la page 3 qui salissait les semelles quand par mégarde on marchait dessus ; aujourd’hui, c’est tout le journal qu’il vaut mieux contourner, quand on le croise sur un trottoir. À la rigueur, si l’on est superstitieux, on peut y mettre le pied gauche. "(fin de citation)
Apparemment, les Bernard Langlois ne sont pas nombreux dans le monde journalistique ! Et puis, 24 juillet, ce n'est pas la préhistoire, quand même !
Petite piqure de rappel.
17:25 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note















