25.10.2008
Revendication d'indépendance.
Je sais que je dois, parfois en choquer certains en affichant ma non conviction religieuse.

C'est en quelque sorte le pont-levis dont je huile en permanence le mécanisme afin de mieux sauvegarder ma forteresse morale.
" Cy n'entrez pas ... " de mes créneaux, je veille jalousement à stopper les manoeuvres envahissantes ... car il convient de rester vigilants, certains ne pouvant supporter que l'on ne pense comme eux.
Je me souviens de l'époque où ma cousine devant suivre son attaché culturel d'époux nommé au Caire, avait souligné le fait que pour séjourner là-bas, il fallait obligatoirement faire mention d'une appartenance religieuse ... Cela m'avait choquée ! Ma grand-mère s'était alors félicitée d'avoir accéléré la décision de baptiser mes petites cousines, ce que leur mère aurait sans nul doute négligé sans son insistance. Nous partions du fait, elle et moi, qu'il fallait laisser les individus libres de choisir eux-mêmes un peu plus tard.
La dissemblance était de mise dans la famille. Puisque chinois, mon oncle était bouddhiste, la soeur de ma mère complètement athée, ma grand-mère catholique convaincue et mon grand-père communiste. Cette variété avait pour conséquence d'animer les repas de famille ... d'autant que pour renfort de potage, mon père affichait un agnosticisme bon teint.
J' appris donc très tôt les lois parfois explosive de la cohabitation.
C'est avec inquiétude que j'assiste aux évolutions (régressions serait plus exact) des mentalités actuelles. Il n'est pas exclu que l'on nous demande quelque jour lors d'un renouvellement de carte d'identité de fournir ce genre de précision.
Je vois même cette possibilité avancer à grands pas.
Les libres-penseurs devront ils alors se procurer un certificat de débaptisation afin de témoigner de leur indépendance d'esprit ? Cette perspective prendrait des allures de prémisses à une nouvelle (St)-Barthélemy.
De même que certains disent : " laissez les vivre " je suis tentée d'ajouter
" laissez nous penser en paix. "
Ce n'est pas comme je l'ai lu par ailleurs (je cite) " de sacrées (sic) blessures affectives (qui nous) mettent les nerfs à vif." Non ! nous préservons notre liberté, battue en brèche tout au long de l' Histoire et l'esprit du pape actuel n'est pas pour nous rassurer.
Personnellement, je l'ai précisé à maintes reprises, cela ne me dérange nullement d'avoir pour interlocuteur (et même ami) quelqu'un qui se réfère à la religion quand je préfère parler d' éthique. A chacun son choix ! Mais je m'insurge quand l'un veut empiéter sur les convictions de l'autre, lui prouver qu'il a raison et que par voie de conséquence on est dans l'erreur en raisonnant différemment. Si on laisse cette façon de faire s'installer, cela se terminera forcément mal. (voir ce qui se passe en Irak).
Conséquence de ce puritanisme galopant nous assistons à un ridicule battage médiatique autour des débordements de l'actuel patron du F.M.I.
Impossible de ne pas penser que c'est l'arbre qui cache la forêt.
Autre objet de scandale (pour certains) les aveux posthumes de soeur Emmanuelle qui nous apprend qu'elle était une femme comme les autres ...
Y a t-il vraiment matière à alimenter les débats ? Je trouve tout cela d'un ridicule achevé. Un peu de tolérance, bordel ! (et n'ajoutez pas qu'il y a des maisons pour cela puisque Marthe Richard s'y est opposée après (nous dit-on), une vie pour le moins débridée) Ah ! ceux qui veulent empêcher les autres d'EXISTER, tout simplement.
11:39 Publié dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note







Commentaires
Croyez-vous sérieusement que nous en soyions là ?
Il me semble plutôt que nous vivons un temps où tous les discours se valent, ou plutôt sont devenus, les religieux comme les autres, une sorte de marchandise.
Les confessions de soeur Emanuelle se vendent comme celles de Denise Fabre, voilà tout ! Là où le bât blesse, c'est que la pensée, elle, reste sur le bord de la route.
Ecrit par : solko | 26.10.2008
J'ose à peine imaginer l'animation des repas de famille, en effet ! Eh ben tiens : une jolie source de blessures affectives, non ?
Vous allez rire (jaune) : au sujet des "sacrées blessures affectives mettant les nerfs à vif", l'expression n'est pas de qui vous croyez. Eh non... puisqu'elle est de votre serviteur, qui l'avait utilisée le premier dans un mail adressé à notre ami il y a plusieurs semaines ! Par conséquent, je revendique (ni trop haut ni trop fort... pour ne pas trop vous blesser affectivement) la paternité du bébé.
Mais la vie n'est qu'une suite ininterrompue de blessures affectives de toutes sortes, et à divers degrés, indépendamment des convictions des uns et des autre. Ou alors nous ne sommes plus que des robots aseptisés et indolores (pas facile de "préserver sa liberté" quand on est robot !) Cela n'a rien de honteux ni de péjoratif : c'est au contraire ce qui fait avancer tant qu'on n'en reste pas là, à se lamenter dessus en se gratouillant le nombril. Tenez : imaginons que l'un de vos matous vous administre un coup de griffes. Ce qui produirait sans doute un petit bobo sanguinolent... mais surtout une blessure affective, consécutive à un sentiment de trahison de la part du minou.
Et ma foi, tout est comme ça : pas de quoi se mettre martel en tête. Un peu de tolérance, maison close !
P.S. Au fait, je suis bien entendu "extrêmement choqué" de vous voir afficher ainsi votre "non conviction religieuse" : ça, c'est un coup à flanquer de sacrées blessures affectives de derrière les fagots !...
Ecrit par : Un revendicatif de l'in(ter)dépendance | 26.10.2008
@ Solko - Je peux vous confirmer que nous en sommes là et peut-être bien plus loin encore car nous ne voulons reconnaître que la face visible de l'iceberg ! Impossible d'ignorer les manoeuvres qui s'effectuent pour battre en brèche la laïcité au profit des religions lesquelles vont toutes une fois qu'elles auront pignon sur rue, s'opposer les unes aux autres. Comme toujours, plusieurs dieux " unique " ne pouvant évidemment coexister ! L'autre jour, il y avait dans le métro un immense africain qui d'une voix de stentor (quoiqu'un peu éraillée, à force ...) menaçait la population des foudres divines.
Il y a seulement 10 ans tout le monde se serait marré. La plupart faisaient semblant de ne pas l'entendre et quelques uns risquaient vaguement quelques regards entendus mais sans moufter ! Bien sûr, tout est devenu marchandise et ce pauvre crétin était sans nul doute manipulé. " Le veau d'or est toujours debout " et le mythe de Babylone a de belles heures devant lui. Je n'aime vraiment pas ce qui se passe actuellement ...
Ecrit par : simone. | 26.10.2008
" Tout ce qui ne tue pas renforce " à force d'être reprise, la phrase est à classer parmi les lieux communs. Enfant (comme beaucoup) j'enregistrais tout et analysais tout et croyez-moi, la famille m'a très tôt fourni du grain à moudre ! Ayant le sang généreux, je cicatrice très vite, balayant les traumatismes d'un revers de main. Irrémédiablement perdue pour cette corporation que vous affectionnez tant ... Quel insigne honneur, vos dires se voient promus au rang de paroles d'évangile puisqu'ils sont repris par le crédule Alias-beaucoup-de-choses qui pratique la danse de St-Guy de blog à blog.
Ah ! au fait, je vous signale que si un de mes matous me flanque un coup de griffe, il se ramasse une baffe aussi sec. Oeil pour oeil, dent pour dent, en pratiquant ainsi, il ne saurait y avoir aucune blessure affective.
Cela dit, je sais que vous n'êtes pas " extrèment choqué " puisque vous êtes au parfum depuis longtemps et d'ailleurs mon éthique vaut bien certaines croyances. Quand on place l'honnêteté morale au dessus de tout, on ne peut se tromper quelque soit le chemin que l'on a choisi. Le reste n'est que littérature ...
Ecrit par : réponse à l'interdépendant | 26.10.2008
Éthique ? Et toc ! (Oui, je sais : un peu facile. Mais c'est dimanche, jour de repos...) Mais je vous suis de pas trop loin dans vos propos...
Pour la corporation que "j'affectionne" tant, permettez que je botte en touche ! Encore une fois, c'est ELLE qui est venue me chercher des noises. C'est elle qui m'affectionne énormément : c'est-y-pas mignon ? Et au contraire, je crains ne pas lui rendre beaucoup : il y a des jours où je me fais honte, allez...
Bon : pour le chat susceptible de "se ramasser une baffe aussi sec", "il ne saurait y avoir aucune blessure affective" ? C'est-y-point terrible ? Vous m'obligez à prendre la défense de nos amies les bêtes ! Et là, c'est votre chat qui botte en touche, comme dirait le marquis de Carabas après avoir fait un bisou (ce qui est AUSSI une blessure affective, mais là, allez comprendre : on en redemande) à la Belle au bois dormant afin de la tirer de sa léthargie. Parce que cela m'étonnerait beaucoup qu'il ne vous fasse pas la gueule après un coup pareil ! Suite à une blessure affective, par exemple...
Et comme je dis toujours, que ce soit dans le métro ou ailleurs, pas besoin de "foudres divines" pour que le temps tourne à l'orage (ô désespoir, etc...) : on se foudroie déjà pas trop mal les uns les autres. Ben oui : "le veau d'or est toujours debout"... et tellement debout qu'il n'a pas les mêmes définitions pour tout le monde !...
Ecrit par : Le mousquetaire de l'interdépendance | 26.10.2008
" C'est dimanche, jour de repos " pas tant que ça. Figurez-vous que c'est le jour que j'ai choisi pour faire du ménage ... eh, oui ! ça ne se fait pas tout seul : hélas ! Je ne voyage plus en première et même plus du tout, prends le métro au lieu de taxis et n'ai plus de vieille bonne pour me parler à la troisième personne (ce qui d'ailleurs, me mettait très mal à l'aise) Comme quoi, la vie a des hauts et des bas. Quelle importance du reste ? Rassurez-vous mes chat(tes) ne me griffent presque jamais ce qui évite les représailles. Là, je viens d'enfourner un gâteau aux pommes dont les effluves me chatouillent agréablement les narines ... Je vous en mets virtuellement une part de côté. Voilà un programme qui risque de compromettre les efforts que j'effectue chaque jour pour maintenir mes muscles en place tout en souhaitant perdre une poignée de kilos. Il ne suffit pas de s'entretenir le cerveau, encore faut-il que le reste suive ! Et sur internet on trouve à peu près tout, c'est comme à la Samaritaine ...
Ecrit par : une moustiquaire en hiver | 26.10.2008
La laïcité a, je crois, plus à craindre des sectes que des églises constituées.
Encore que pas mal d'églises soient infiltrées par des sectes.
Je pense, bien sûr, à l'influence grandissante du monde anglo-saxon dans ce domaine.
Je reste cependant un tantinet sceptique quand au phénomène
Il est vrai que je vis en province
Ecrit par : solko | 27.10.2008
Je ne sais pas comment cela se passe à Lyon mais ici, les écoles laïques jouent les peaux de chagrin en matière d'effectifs - c'est une volonté délibérée du gouvernement. Conséquences, les familles s'adressent de plus en plus souvent au privé et toutes les communautés religieuses s'installent, font tache d'huile ... Je ne pense pas que ce soit une bonne chose. La laïcité était un garde-fou qui disparaît peu à peu et les communautés ne peuvent se souffrir (voir ce qui se passe quotidiennement dans le 19ème) Il est prévu d'installer des caméras un peu partout. C'est selon moi, prendre le problème à l'envers ... Comme dirait l'autre " je ne sais pas où nous allons mais nous y allons tout droit ! "
Ecrit par : une consternée ... | 27.10.2008
L'abandon de l'école publique au marché a des motifs davantage économiques que religieux, non ? Cela dit, il y a de quoi être consterné. Moi je n'ai rien contre les gens qui ont une vie spirituelle, mais contre ceux qui cherchent à se fondre dans des mouvements de foule à l'intérieur des sectes et des églises... Enfin, tout ça donne froid dans le dos.
Ecrit par : solko | 28.10.2008
Entendons nous bien, je n'ai rien contre les croyants. C'est leur problème - Par contre, ce qui me dérange, c'est le prosélytisme et depuis quelques temps, le mouvement s'accélère car l'église dans le sens général du terme (y compris temples ou mosquées) est tout sauf tolérante. Or grâce au détournement d'une phrase dite (?) mais non écrite par Malraux, ça déborde et envahit la sphère publique ... Je n'ai pas oublié ce que j'entendais durant mon enfance : " Hors l'église, point de Salut " Aussi les ai-je salués ! Et puis, sur le plan historique, certains traînent quelques casseroles difficiles à oublier. Je sais que les gens ne changent jamais et les institutions encore moins. Mais Inch Allah comme dirait l'autre ...
Ecrit par : simone. | 28.10.2008
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