25.11.2008

Retour en arrière.

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Hier, je suis retournée à Levallois, ville dans laquelle j'ai effectué mes dernières années de galère bureaucratique. J'avais à tout hasard glissé l'appareil-photos numérique dans mon sac mais une fois sur place, n'ai pas eu envie de l'utiliser.
Levallois est une ville froide - béton et verre / verre et béton - mais depuis quelques temps les sociétés l'abandonnent au profit de la Défense ce qui crée un supplément d'absence d'âme. Il faisait assez froid aussi avais-je pris la précaution de ressortir de l'armoire ce long manteau beige doublé de fourrure (synthétique, rassurez-vous) censé me dispenser de l' impression de morsure ressentie au creux des reins l'autre jour.
La ville étant truffée de caméras aucun SDF à l'horizon. Sans doute les ramassent-ils ? Pour faire croire que la misère épargne certaines villes, les indésirables sont priés de faire un grand détour ... Je n'aime pas cette ville, vous l'avez compris et rien que le nom de Balkany suffit à déclencher dans mon esprit un tas de réactions en chaîne ... Le lieu le plus sympathique est un immense magasin Leclerc (c'est dire ! ...) où je m'arrêtai histoire de faire ample provision de nourriture pour mes chats et ne tardai pas à constater que pour une marque identique, j'étais gagnante. Les prix varient tellement d'un magasin à l'autre ... La démarche était exceptionnelle car j'imagine mal la possibilité d'aller m'approvisionner en banlieue puisque je n'ai pas de voiture. Bizarre quand même que le seul lieu où j'ai eu envie de revenir soit un super-marché ! Cela en dit long sur la société dans laquelle nous vivons ...
Tiens, dommage qu'ils ne vendent pas de recharges d'imprimante car je les aient oubliées au retour ... Il y a un très long chemin à parcourir depuis le métro Louise Michel (la vierge rouge dans une municipalité "bourge", marrant ! ) jusqu'à la banque où j'allai récupérer ma nouvelle carte bleue. Je me souviens avoir fait ce trajet en patinette quand c'était la mode, m'amusant ainsi à étonner mes collègues qui ne brillaient pas par la fantaisie. Je trouvais très drôle également d'aller travailler en jean et baskets quand les autres s'endimanchaient au moyen de pseudo- Chanel. Si l'on m'avait dit quoique ce soit, la réponse était toute prête : " augmentez-moi ! " Bien entendu, personne ne s'y est risqué. J'étais rarement en contact avec la clientèle (autrement que par téléphone) et faisais parfaitement mon travail puisqu'ils n'ont pu découvrir une faute professionnelle avant de me licencier.
Cela dit, mon parachute bien qu'en zinc en aurait quand même contenté certains.
Ce que je supportais le moins à la fin avait pour nom " transports-en-commun-aux-heures-de-pointe. " même pas moyen de lire tant nous étions serrés. De vraies sardines en boîte et la mauvaise humeur en prime ...
Heureusement, au mépris de toute fatigue, il y avait la compensation suprême le soir, à savoir le spectacle choisi. Très paradoxalement, il m'est plus difficile de sortir maintenant que je n'ai plus à faire preuve d' énergie particulière.
Comme vous pouvez le constatez, je n'ai pas grand chose à dire en ce moment. J'envierais presque les ours qui hibernent. Ah ! rester sous la couette à regarder des vidéos en compagnie de mes chattes tout en me goinfrant de mandarines et de chocolats. Mais je me connais, j'en aurais vite marre, cela pourrait durer tout au plus une paire d'heures. Je me dis parfois que la vie est un peu morose sans alcool et sans tabac ... règles que je me suis moi-même imposées et qui, certains jours me paraissent excessives. On est censé ne vivre qu'une fois pourtant, non ?

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Philippe Meyer (extrait de l'album "Paris la grande " : Métro correspondance (Gaston Ouvrard fils)

Commentaires

Il me semble que Levalois, au début du siècle, n'était pas bourge mais plutôt rouge, non ? Ce qui expliquerait Louise Michel. Maintenant, c'est vrai, on pousse un peu et on tombe sur l'Hôpital Américain... une master card jette plus qu'une carte bleue dans le quartier de Balkany. Votre promenade me rappelle une que faisais pour aller voir quelqu'un qui habitait là, il y a longtemps.

Ecrit par : solko | 25.11.2008

Je vous avouerai que lorsque j'y travaillais, ma curiosité n'était pas particulièrement aiguisée par l'historique de cette ville que je subissais plus qu'autre chose ... Si je ne m'abuse, Levallois et Clichy étaient reliées à une époque ? L'une des deux a d'évidence basculé dans le giron du capitalisme pur et dur. A peine installés à la mairie, Balkany et sa charmante épouse (voir les Guignols de l'Info.) a effectué une purge en direction de tout ce qui ressemblait de près ou de loin à des communistes. Apparemment, la vierge rouge lui résiste mais ce n'est pas l'envie de la faire disparaître des mémoires qui a dû lui manquer ... On ne réécrit pas l'Histoire en profondeur, heureusement.

Ecrit par : simone (réponse) | 26.11.2008

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