04.12.2008
Apocalypse or not ? ...

Durant quinze ans, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur se sont penchés, que dis-je littéralement immergés dans la lecture approfondie du Nouveau Testament afin d'analyser le pourquoi du comment de ces racines judéo-chrétiennes qui sont (il faut bien le reconnaître) les nôtres.
Cette série sera diffusée sur Arte entre le 3 et le 20 décembre (l'époque s'y prête allez-vous dire) et j'ai de ce fait, regardé le premier volet hier soir. Très intéressant, la démarche n'étant nullement partisane mais littéraire et historique.
Le point de départ en fut l'Apocalypse de Jean de Patmos, île sur laquelle ce juif converti au christianisme avait vraisemblablement dû s'exiler, ce dernier écrivant en réaction à l'empire romain.
" Le temps est proche " s'avère être la phrase récurrente à valeur d'avertissement - voire de menace - que d'aucuns utilisent toujours pour signifier qu'il faut être prêt.
En clair, tremblez car l'Apocalypse est pour bientôt !
Le message fut lancé au premier siècle (apparemment, il ne s'est rien passé) et le réchauffement de la planète amène certains à réactualiser ce langage ...
C'est la peur qui dirige le monde et nos politiques ne se privent pas d'y avoir recours sous toutes les formes possibles et imaginables chaque fois que l'occasion se présente. Soumettez-vous, sinon vous serez punis.
Où l'agnostique de service commence à se marrer, c'est quand il est question de la Synagogue de Satan, deux mouvements opposés présents alors, ayant tendance à se qualifier de la sorte ... Si l'un avait raison, l'autre avait forcément tort !
Or une croyance ne peut pas se discuter. Elle existe ou pas. Par conséquent, l'individu l'accepte ou la rejette. Il est donc parfaitement inutile de le menacer des foudres divines si la notion de divinité n'entre pas dans son raisonnement.
Comme le fait remarquer Gérard Mordillat interviewé par Le Monde,
- " la grande illusion de la télévision c'est de faire croire qu'il suffit de réunir quelques personnes d'avis différents pour qu'il y ait débat. En réalité, il n'y en a aucun ! "
Ce montage avait cependant pour objectif de prouver le contraire et nous saurons en fin de diffusion de la série si le but fut ou non atteint. Personnellement, je reste persuadée que les intimes convictions de départ perdureront et c'est très bien comme cela. Si tout le monde pensait de façon identique, on s'ennuierait fort !
11:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note






Commentaires
Yes, but it is not comme on s'y attend, n'est-ce pas ? Sinon à quoi ça servirait que Jean se soit décarcassé à Patmos pour nous "prédire l'avenir" dans une boule de cristal ? Si tout était écrit d'avance, chacun peut en effet y aller de son interprétation perso pour marteler le fameux "tremblez car l'Apocalypse est pour bientôt !" Ben non, ce n'est pas pour bientôt : demain, la semaine prochaine, dans cinquante-deux ans trois mois et cinq jours (sans compter le passage à l'heure d'été qui vient nous fiche le binze dans de fastidieux calculs, pourtant élaborés de main de maître). Allez, ne le répétez pas : c'est maintenant ! C'est-à-dire que c'est quand c'est "la peur qui dirige le monde", comme vous dites. Et au fond, on se punit soi-même quand on se soumet à la tremblante du mouton : ne tremblent que ceux qui veulent bien trembler.
Chez moi, je donne plutôt dans le tromblon : cela évite haut et fort de s'ennuyer, non ?
Ecrit par : Apocalypse ? Bip-bip, fait le poisson mordant à l'hameçon... | 04.12.2008
Bonne pêche !
Effectivement, l'apocalypse c'est now et sans aucun effet retard quand on le fabrique.
C'est bien pour cela que je prends parfois mes jambes à mon cou, bien que je ne courre plus aussi vite qu'avant. Comme vous le dites, " on se punit soi-même " et " ne tremblent que ceux qui veulent bien trembler. " Et bien voilà, même en circulant sur une rive opposée, on parvient à se mettre d'accord. Avec un minimum de raison, on trouve toujours un terrain d'entente. Maintenant, je vais vous faire un aveu, après l'émission je me suis déplacée en direction du Livre, l'ai ouvert à la page concernée.
Or, il ne peut déclencher chez moi qu'une succession de sentiments de révolte.
Au sujet de Jézabel - Apocalypse 2 : 2.20 (ça vous évitera de chercher à moins que vous le sachiez par coeur ?) ... à 2.23 (non ce n'est pas encore l'heure affichée sur la pendule) " Je ferai mourir de mort ses enfants " mais ils sont responsables de quoi, les pauvres mômes ? !!! C'est de là que vient l'expression " fils de pute ? " ...
2.26 " A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu'à la fin mes oeuvres, je donnerai autorité sur les nations " (Vae victis, effectivement)
Pas étonnant après cela que certains veuillent dominer le monde ... (Je ne nommerai personne)
Bref, le bouquin m'est tombé des mains une fois de plus car il me fait chaque fois le même effet. C'est un livre écrit par des hommes qui, utilisant la barrière des mots, réagissaient à des situations données, et pardonnez-moi règlaient leurs comptes personnels. Ici, Jean s'est attaqué à Rome et peut-être bien à Paul également dont il ne partageait pas exactement le point de vue. Si j'ai bien compris, deux mouvements s'opposaient alors ceux que l'on nommaient les pagano-chrétiens et les judéo-chrétiens, chacun s'accusant d'appartenir à la Synagogue de Satan. Il faut beaucoup d'entêtement pour transposer cela à notre époque en dehors du fait que cela débouche constamment sur plaies et bosses. A contrario, proposez moi un livre qui prône la sérénité et là, je dirai d'accord.
Ecrit par : bip ! bip ! cling ! | 04.12.2008
"Un livre qui prône la sérénité" ? Ben : prenez alors le plan du Père-Lachaise. Promis : c'est d'une absolue sérénité. Mais de vous à moi, hormis les arbres qui y mettent un peu de verdure (et les fleurs... quand elles sont encore fraîches !), cela manque un peu de vie. Que Jean "règle des comptes personnels", à la limite pourquoi pas ? D'une certaine manière, j'en fais bien autant à l'autre bout de la chaîne, "réagissant de fait à des situations données". Toute la question est justement de savoir ce que nous en faisons, de ces situations données : ou on se gratte le nombril à se lamenter des malheurs qui nous accablent (et bien sûr, les attribuer systématiquement à autrui : ce qui ne fait que les envenimer) ou l'on s'interroge tant au sujet de notre responsabilité personnelle qu'à la façon d'en rebondir pour aller plus loin que si nous avions pu les éviter.
La "barrière des mots", elle est inévitable en la matière... même pour le croyant, rassurez-vous ! La "succession de sentiments de révolte" doit être difficilement évitable pour qui ouvre le fameux bouquin dans l'optique anthropomorphique de l'athée ou de l'agnostique. "Je ferai mourir de mort ses enfants", par exemple : c'est évidemment pôs juste au sens littéral. Les parents boivent, et les enfants trinquent ? Allons plus loin que l'impression fâcheuse de départ : n'est-ce pas plus exactement une manière de montrer que le mal commis par les parents rejaillit sur leur progéniture ? Autrement dit, c'est moins une horrible "menace de mort" qu'une invitation formulée aux parents d'une certaine exemplarité dans la concordance entre actes et discours, et qu'ils assument LEURS responsabilités quand ils faillissent sur ce point (et qui ne faillit pas ?) en trichant et se défaussant sur des causes externes globales : la "société", la "crise", le "conjoint" (si, si !), que sais-je... Dès lors que les mômes suivent ce contre-exemple, ils entrent à leur tour dans une logique mortifère, etc. (Mais relativisons : ils ne sont parfois pas dupes des contradictions qui leur sont servies en paquet de douze !...)
" A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu'à la fin mes oeuvres, je donnerai autorité sur les nations " Là, évidement, si vous prenez "l'autorité" au sens d'un Hitler par exemple, je conçois que l'on puisse faire des bonds ! Du reste, le petit bonhomme à moustache n'avait AUCUNE autorité... et beaucoup d'autoritarisme, qui n'en est que la caricature négative. Ici, nous sommes face à une définition philosophique de l'autorité dont les variantes évitent aussi de s'ennuyer fort ! "La grande illusion de l'autorité c'est de faire croire qu'il suffit de réunir quelques personnes d'avis différents sur sa définition pour qu'il y ait débat. En réalité, il n'y en a aucun !" (Ne suis-je point un affreux transposeur ?) Parce que si l'autorité devient sujet à débattre, c'est celui qui remportera ce débat qui fera autorité. Donc, il n'y aura pas de débat... (Tiens, j'aperçois Ts'eu qui se mord la queue !...)
"Il faut beaucoup d'entêtement pour transposer cela à notre époque en dehors du fait que cela débouche constamment sur plaies et bosses." Et si on inversait la proposition sur "ma" rive ? Il y aurait peut-être moins de "plaies et bosses" si on transposait DAVANTAGE à notre époque, non dans l'esprit sectaire que vous subodorez -qui existe, ne le nions pas- mais dans un esprit de justice qui sache dépasser les règlements de compte personnels... qui existent aussi, réactions formelles à des injustices personnellement subies. Ou on se rebelle, ou on dépasse pour en décortiquer la genèse : pas beaucoup de demi-mesure en la matière ! Il y a tout de même plus de chances de retrouver la sérénité dans ce dépassement. (penser à mettre son clignotant avant de déboîter, sinon la sérénité en prend un sacré coup dans l'aile gauche !...)
Ecrit par : Apocalypsman revient (sans fournir les médicaments contre la migraine...) | 04.12.2008
Vous tombez mal, je déteste les cimetières au point de n'y jamais mettre les pieds.
Je conserve l'image des mes chers disparus en photos, mieux vaut se les représenter du temps de leur vivant que se recueillir sur un paquet d'os, non ? (s'il en reste !)
Ah, oui ? ... vous faites comme Jean ? ... Je n'avais pas remarqué ... (hum ! hum ! )
Au delà de l'aspect physique, nous sommes bien différents vous et moi car lorsque quelque chose me déplait, je tourne les talons purement et simplement. Pas de temps à perdre en vaines discussions; ne se laisse convaincre que celui qui veut bien et si ce n'est visiblement pas le cas, je vais voir ailleurs ... (si j'y suis)
Là, vous faites une caricature de ma lecture des textes réceptionnée au premier degré.
Pourquoi pas ? Mieux vaut se rebeller que se soumettre à des contraintes destinées au plus grand nombre. S'ils acceptent, ça les regarde et tant pis pour eux !
Ecrit par : simone (réponse) | 04.12.2008
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