27.08.2008

ANNONCE : spectacle musical

47bff0b455ce1c035f7892c188db2010.jpg ESSAION, 6 rue Pierre au Lard 75004 PARIS. (M° Hôtel de Ville) Loc. 01 42 78 46 42

Du mercredi au samedi à 20 heures.
Lundi même heure (relâche mardi & dimanche)


La première est toute en longueur, un "élégant spaghetti". La seconde est plus rebondie, avec "un certain répondant". Deux croquis, deux visions de cette "moitié du monde" qu’Anne Sylvestre sait si bien faire parler de sa plume incisive et sensible, jamais complaisante. Mères, filles, soeurs, amoureuses, rivales : "Nous sommes de celles" conjugue le féminin à tous les temps et débusque la femme dans tous ses états.

"Katia Redier et Anne Veyry ont choisi un jeu très théâtral, très vif, très varié, pour aller de chanson en chanson, de portrait en portrait, d'humeur en humeur dans les textes d'Anne Sylvestre. (...) Toutes ces chansons bien connues trouvent des gravités, des sourires, des cruautés, des tendresses inattendues, sans que jamais on ait le sentiment qu'elles soient sollicitées de manière arbitraire."
Bertrand DICALE - Le Figaro - 3 septembre 2007

"Une économie de moyens réjouissante, et pourtant une folle diversité, pleine de finesse, dans l'évocation des personnages et des situations."
Anne Sylvestre - à propos de "Nous Sommes de Celles"

04.06.2008

spectacles nouveaux ... (annonces)

THEATRE des MATHURINS - 36 rue des Mathurins 75008 PARIS.
(M° Havre-Caumartin) T. 01 42 65 90 00

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Un mouton, deux moutons, trois moutons ... rassurez-vous, Amélie ne sait compter que jusqu'à dix ! ...
Alors pour lui permettre de s'endormir, Tonton Léon va lui raconter une histoire. Mieux, Tonton Léon est un adulte qui sait répondre aux questions posées par les petites filles. Voilà une comédie pour rire, à en perdre le sommeil. Qu'est-ce que vous croyez, on ne va pas au théâtre pour dormir non plus !

du mercredi au samedi à 21h.
matinée le samedi à 16h.30

- qu'est-ce que vous voulez savoir de plus ?
Ah ! le prix des places ...
37/25/20 & 10 pour les moins de 26 ans.
Super, non ?





GAITE MONTPARNASSE : 26 rue de la Gaité 75014 PARIS
(M° Gaité) - tél. 01 43 20 60 56
ou si vous préférez : www.gaite.com

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Par le biais de Arnaud Bedouet, c'est Flaubert qui s'exprime durant une nuit d'orage (tonnerre de Zeus ! )
Il vient de recevoir une lettre de rupture, n'arrive pas à écrire Madame Bovary, bref, ça barde !

du mardi au samedi à 21h.30
matinée le dimanche à 18h.
Relâche le 1er juillet.

Pl. 35/28/20€


vous pourrez récupérer les commentaires dans les jours à venir sur, www.theatrauteurs.com

29.04.2008

Festival Parisien du Théâtre Gay et Lesbien 2008

fd3e48608e568ea55c9a230e63f74ca9.jpgTHEATRE COTE COUR 12 rue Edouard Lockroy 75011 PARIS
(Métro : Parmentier)
renseignements et réservation : 01 47 00 43 55

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QUELQUES SELECTIONS ...
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DECOUVREZ LES AUTRES PIECES DE LA PROGRAMMATION :
http://www.festigay.com et sur FESTIGAY TV, la chaîne du festival en partenariat avec
http://www.publicGtv

Ne manquez pas la soirée de clôture du Festival au Banana Café le dimanche 4 mai.

15.03.2008

Les Combustibles d'Amélie Nothomb

5656ad91aad3ee4b68c08d4c0d3d263b.jpg Théâtre Daniel-Sorano de VINCENNES
16 rue Charles Pathé - Métro : Château de Vincennes - R.E.R. Vincennes.
Du 12 MARS au 20 AVRIL 2008
du mercredi au samedi à 20h.45,
dimanche à 16h.

Mise en scène : Stéphane Cottin
avec Julie Turin
Michel Boy
Grégory Gerreboo


Nous fûmes nombreux à avoir lu " Les Combustibles " d'Amélie Nothomb et certains ont même assisté à ce qui fut la création de la pièce il y a quelques années, à l' Essaïon de Paris avec Arlette Théphany dans le rôle du professeur, ce qui n'avait pas manqué d'en surprendre plus d'un.
Ici, le rôle sera confié de façon plus logique à Michel Boy grand gaillard à la voix tonitruante qui résiste au froid tout en refusant d'enfiler un pardessus uniquement par principe.
L'action se déroule donc dans cet appartement envahi de livres (logique puisque nous sommes au domicile de ce professeur d' université) et des bruits de guerre parviennent jusqu'à nous. S'aventurer à l'extérieur équivaut à un acte de suicide. Pour compagnons cet homme a un ancien élève devenu à son tour enseignant et la dernière conquête de ce dernier à qui le vieil homme offrira une hospitalité pas tout à fait désintéressée. En période de guerre quand la faim et le froid se font pressants la seule chose qui distingue encore l'homme de l'animal est sans nul doute la faculté de lire afin que passe ce " temps libre obligatoire "
Le froid hivernal (nous sommes d'évidence dans un pays de l' Est et l'on pense immédiatement à l'ex-Yougoslavie) a consumé tous les meubles que les flammes ont dévorés un à un - puis, au risque d'y laisser sa vie, on a commencé par ramasser des planches que les bombardements fournissaient en détruisant les maisons.
Maintenant, que sortir est devenu quasi impossible, il ne reste rien ou presque sinon les livres, ces chers compagnons dont on a dit jadis que l'on ne s'en séparerait pas pour un Empire !
Inactivité et froid aidant, Daniel se recroqueville de plus en plus tandis que Marina insiste avec véhémence pour que ces ouvrages reliés fournissent le combustible indispensable à leur survie à tous trois. C'est alors que l'évaluation des oeuvres va commencer puisqu'il s'agit maintenant de " mesurer le poids des mots à la valeur d'une flamme ".
Apparemment, celle du professeur n'est pas encore éteinte mais va se révéler bien insuffisante à réchauffer la jeune femme qui oppose à ce cynique un évident esprit pratique. La vivacité de Julie Turin fait merveille dans ce rôle de victime qui n'en est pas une tandis que Grégory Gerreboo semble en comparaison un peu statique tant son personnage au fort penchant idéaliste est emprisonné par son admiration pour " le Maître " qui se transformera en agressivité après avoir surpris ce qu'il était censé ignorer ...
Une parenthèse musicale et chorégraphique (à découvrir) tombe à point nommé pour réchauffer l'atmosphère de cette pièce dont le cynisme s'il ne nous faisait tant rire aurait suffi à nous glacer.

Simone Alexandre

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13.03.2008

Le coeur n'est pas moderne de Martine DRAI

L' ATALANTE
10, Place Charles Dullin
75018 PARIS
(métro : Anvers)
Loc. 01 46 06 11 90
Pl. 18/13/8€

Du lundi au samedi (sauf mardi) à 20h.30
Dimanche à 17h.

Jusqu'au : 7 Avril 2008

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Texte et mise en scène de Martine DRAI.
Chorégraphie : Martine DRAI & Jean-Sébastien RAMPAZZI

avec Catherine DAVENIER, Martine DRAI, Hervé FALLOUX, Dominique LEANDRI, Jean-Sébastien RAMPAZZI.


" On ne naît pas femme, on le devient " affirmait à juste titre, Simone de Beauvoir.
Découvrir que l'on est femme en dansant le tango (cette danse pratiquée initialement par les hommes) peut être la solution.
Parfaite illustration du couple ou l'un conduit tandis que l'autre se soumet délibérément à sa volonté mais aussi parfois, anticipe, devine ...
Si " Le coeur n'est pas moderne " comme le prétend Martine Drai au moyen de ce titre où l'humour n'est pas absent, d'autres vous diront que le coeur ne vieillit jamais. Les diverses formes de danses se succèdent au fil du temps et des modes mais le tango, lui est éternel.
Par ce spectacle incluant les diverses formes d'expression : parole, musique et danse nous allons effectuer un tour d'horizon des multiples situations rencontrées en pareille circonstance.
Les couples se croisent, s'enlacent, permutent, se racontent ...
Celui-ci est timide et cet autre expérimenté. Grâce au tango, une femme peut se révéler farouche ou provocante, sensuelle ou ... complètement coincée.
Aller danser correspond à un rendez-vous que l'on aurait avec plusieurs mais sans les conséquences habituelles. Corps à corps, coeur à coeur pour une durée déterminée. C'est en quelque sorte une parenthèse que l'on ouvre et referme à loisir. On peut discuter entre chaque danse, se livrer à toutes les contradictions possibles et imaginables, puisqu'en revanche sur la piste, l'accord doit être parfait.
Ce spectacle est composé de séquences évocatrices, explicatives même car chaque personnage se livre, se raconte, nous dit ce qu'est sa vie en des temps de pose en bordure de piste avant que le rythme entraîne tout car rien ne résiste au tango. Tenez, pas même un aspirateur ! (allez voir, vous comprendrez). C'est un spectacle original dont on ressort avec une furieuse envie de danser.

Simone Alexandre

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Marie Stuart de Friedrich Schiller

THEATRE 13
103A bd Auguste Blanqui
75013 PARIS
(métro : Glacière)
Tél. 01 45 88 62 22
Pl. 22€ TR. 15€
(le 13 de chaque mois : 10€)

Mardi, mercredi, vendredi à 20h.30
Jeudi & samedi : 19h.30
Dimanche : 15h.30

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Mise en scène : Fabian Chappuis

avec Pascal Ivancic, Philippe Ivancic, Stéphanie Labbé, Jean-Christophe Laurier, Aurélien Osinski, Benjamin Penamaria, Sébastien Rajon, Isabelle Siou,
Jean Tom, Marie-Céline Tuvache.


Problèmes financiers aidant, les productions théâtrales sont souvent contraintes d'adapter certaines oeuvres dites classiques en réduisant le nombre de personnages. On en profite alors pour réactualiser le discours avec, pourquoi pas, quelques clins d'oeil à l'actualité. Ici, c'était plus difficile car le conflit qui opposa Elisabeth 1ere (la grande !) à Marie-Stuart est archi-connu. En plus des pièces inspirées du thème, maints films ont été tournés et par conséquent notre esprit critique s'en trouve obligatoirement aiguisé.
Une évidence s'impose, il convient de soigneusement choisir les deux piliers de la pièce (entendez ces deux femmes avides de pouvoir) et si je fus surprise de découvrir une Elisabeh brune et une Marie blonde, vous allez peut-être dire que je chipote ? Or, nous possédons des portraits de l'une et de l'autre et si l'on veut être crédible mieux vaut se rapprocher le plus possible des originaux. Il est vrai que certains ont déjà eu l'idée de confier le rôle d' Hamlet à un africain et pourquoi pas Othello à un nordique ? Bref, passons ...
Marie-Céline Tuvache possède un style de jeu évident et a juste un peu trop tendance à le mettre en avant mais qui peut le plus peut le moins ... Je n'ai rien à redire concernant cette Marie-Stuart (bien que blonde) à l'expression intelligente (sans doute plus que son modèle) sinon que l'une et l'autre m'ont semblé ne pas s'être suffisamment imprégnées de la distance que leur personnage respectif devait maintenir vis à vis des autres mortels. Les moeurs en vigueur à l'époque de la royauté ne datent pas d' hier certes mais nous savons toutefois que le protocole empêche toujours que l'on touche l'actuelle reine d' Angleterre. Là encore, c'est un détail mais qui a son importance.
La rencontre entre les deux femmes n'a eu lieu que dans l'imagination de l'auteur et en réalité Elisabeth n'a accepté de condamner sa soeur (pris dans le sens large du terme) que contrainte et forcée.
L'espace scénique symbolisant tous les endroits où se déroule l'action est recouvert d'une matière fine et scintillante qui fait penser à du mâchefer que l'on serait parvenu à rendre silencieux. Afin que les costumes des deux reines attirent notre attention peut-être, les comédiens seront vêtus de façon identique, le noir étant la couleur symboliquement choisie. Entre chaque scène, ils iront tous se ranger en haut du plateau, côté jardin pouvant figurer ainsi des gens de cour silencieux et présents.
La pièce dure 2 heures sans entracte et il est évident qu'il conviendrait de revenir la voir courant avril quand l'esprit du texte aura imprégné chacun et que le rythme de croisière aura eu tout loisir de s'installer.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

GUANTANAMOUR de Gérard GELAS

LE VINGTIEME THEATRE
7, rue des Plâtrières 75020 PARIS
Métro : Ménilmontant
Tél. 01 43 66 01 13

Du mercredi au samedi à 21h.30
Dimanche à 17h.30
(jeudi 13, 20 & 27 mars à 14h.30)

Du 7 Mars au 27 Avril 2008



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Une cage contenant deux hommes, l'un tour-à-tour assis ou debout, en uniforme de G.I., l'autre couché le nez barré d'un pansement, bras et jambes chargés de chaînes porteur d'une tenue orange bien dissuasive en cas de projet d'évasion (à peine envisageable ! ) L' Amérique de Bush face aux combattants de Ben Laden se trouve résumée par ces deux hommes.
Inégalité flagrante de la situation. Rassoul, membre présumé d' Al Quaïda supporte la situation avec une dose d'humour surprenante. Son gardien, Billy Harst joue plus les lions en cage que lui. Ce dernier fut bien entendu conditionné à mort. Le bon droit est de son côté, l'axe du mal passe par ce chariot roulant sur lequel le prisonnier récupère entre chaque interrogatoire. En théorie, ils n'ont pas le droit de se parler mais peu à peu, l'un et l'autre vont enfreindre la règle pourtant draconienne et l'inimaginable va se produire ...
Tous deux traînent un lourd passé derrière eux. Les idéologies sont contraires, pire antagonistes ! Ce climat de guerre à l'origine de leur rencontre a exacerbé les idées reçues, aiguisé la haine (surtout chez le gardien), le captif faisant rapidement preuve d'une culture supérieure au premier.
Je vous laisse découvrir la suite car cette rencontre ne se raconte pas, elle se vit tout simplement et les deux comédiens proposent un contraste de jeu très intéressant.

Simone Alexandre

Theatrauteurs.

11.03.2008

Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht

Théâtre Artistic Athévains
45bis, RUE Richard Lenoir 75011 Paris
métro : Voltaire.
Tél. 01 43 56 38 32
Pl. 30€ TR : 15 & 20€ - 26 ans : 10€

Mardi : 20h. Mercredi & Jeudi : 19h.
Vendredi, samedi : 20h.30
Dimanche à 16h.

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traduction : Benno Besson et Geneviève Serreau
musique : Paul Dessau.
Mise en scène : Anne Marie Lazarini

avec Sylvie Herbert, Judith d'Aleazzo, Bruno Andrieux, Cédric Colas,
David Fernandez, Hervé Fontaine, Claude Guedj, Frédérique Lazarini,
Maximilien Neujahr, Michel Ouimet, Marc Schapira, Tommaso Simioni.

création : Les Athévains.


Difficile, il est vrai de succéder à Nada Strancar dans Mère Courage et ceux qui l'on vue (j'en suis) ne sont pas près de l'oublier. Il y a également les enregistrements de Germaine Montéro mais en ce cas, on ne jouerait plus rien allez vous dire ... Il convient donc de replacer la pièce dans le contexte qui nous est proposé. Anne Marie Lazarini a voulu pour le décor, une dominante de blanc afin d' évoquer cette Guerre de Trente Ans dont les mauvaises langues diront qu'elle l'a confondue avec la retraite de Russie laquelle a dû paraître bien longue à ceux qui en sont revenus ...
Anne Fierling interprète son personnage en force, silhouette massive, visage nu mais à la guerre comme à la guerre, n'est-ce-pas et puis cette fameuse " distanciation brechtienne " n'a t'elle pas été remise en cause par l'auteur lui même à la fin de sa vie ? Certains l'ont affirmé.
Tout repose sur les épaules de cette femme d'exception qui mène sa carriole comme un chef d'entreprise, ne reculant devant rien pour poursuivre son activité.
Elle trouve cette guerre abominable certes, comme tout le monde mais redoute encore plus la paix et son cortège de misère.
La guerre va lui prendre ses deux garçons issus de pères différents (en voyant celui qu'elle surnomme Petit-Suisse, il est difficile d'en douter) et elle a auprès d'elle cette fille, muette qu'elle incite à s'enlaidir pour ne pas éveiller la convoitise des soldats. Il arrivera ... ce qui devait logiquement arriver et mère Courage restera seule avec sa carriole qu'elle devra tirer seule jusqu'au bout de la guerre.
L'engagement politique de Brecht est connu de tous et ce thème tombe à point nommé pour nous aider à réfléchir en fonction de tout ce qui se passe un peu partout dans le monde actuel.

Simone Alexandre

Theatrauteurs.

10.03.2008

La Mouette de Tchekhov.

Théâtre de la Tempête
Cartoucherie de Vincennes
Route du Champ de Manoeuvre
75012 Paris.
loc. 01 43 28 36 36
www.la-tempete.fr


du mardi au samedi à 20h. dimanche à 16h.

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Texte français : Philippe Adrien et Vladimir Ant (L'Arche, éditeur)
Mise en scène : Philippe Adrien.

avec Margarete Biereye, Pascal Rénéric, David Johnston, Julie Biereye, Arno Chevrier, Anne de Broca, Larissa Cholomova, Georges Bigot, Stéphane Dausse, Christophe Kourotchkine, Vladimir Ant.

Encore une nouvelle traduction de Tchekhov diront certains. Or, si quelques unes n'étaient pas indispensables, celle ci n'est pas inutile, bien au contraire car nous n'avons jamais autant aimé ses personnages ...
L'univers de Tchekhov nous fut très souvent présenté comme un lieu un peu brumeux peuplé de caractères étranges glissant sur la vie sans vraiment y adhérer, comme si le sort de l'homme était de s'ennuyer beaucoup avant de disparaître ... La formule avait autant de charme que d'inconsistance. Un ton général englobe habituellement la pièce alors qu'ici chacun (comme dans la vie) possède son expression bien particulière. Il en résulte une impression de relief inusitée. Margarete Biereye et son subtil accent nous campe une Arkadina d'une indéniable élégance tandis que Treplev (Pascal Rénéric) nous émeut plus qu'aucun comédien interprétant ce rôle n' était parvenu à le faire avant lui.
Son amour malheureux pour Nina est aggravé par celui qu'il a toujours voué à cette mère égoïste, trop imbue d'elle même et qui bien entendu ne peut qu'être attirée par l'indifférence d'un Trigorine.
Le dépouillement de la scénographie réalisée par Yves Collet déroute tout d'abord un peu mais la raison se justifie d'elle même lorsque nous découvrons la qualité de jeu des interprètes.
La drôlerie se révèle portée notamment par l'inventivité constante de David Johnston (Sorine).
L' amour impossible car non réciproque que se vouent les personnages est à la fois sublime et dérisoire, la meilleure illustration étant cette scène de récupération active lorsque Arkadina repoussée par le volage Trigorine finit par triompher de ce dernier.
On sort de la salle avec l'impression d'avoir enfin pleinement vécu une pièce de Tchekhov.


Simone Alexandre
theatrauteurs

28.02.2008

sélections de la semaine ***

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" Je m'appelle Marilyn " une pièce de Yonnick Flot, mise en scène par Smaïn au Théâtre des Variétés : 7 bd Montmartre 75002 Paris - Loc. 01 42 33 09 92 avec Virginie Stevenoot.

Marilyn, éternel fantasme des hommes : la poupée au corps parfait, à la chevelure platine, femme-enfant et vamp tout à la fois ! Même les gays en sont fous ...
Nous allons découvrir un lit blanc d'hôpital au pied duquel une poupée conforme à l'original est posée, dérisoire réplique muette, en réduction.
Dans l'intervalle Radio Luxembourg a annoncé la mort de Kennedy nous sommes par conséquent en 1963.
Le personnage au physique reconnaissable confirme qu'elle est bien Marilyn mais ici, personne ne veut la croire. Alors elle se raconte en une interview imaginaire, à la fois nerveuse et fragile, tour-à-tour confiante ou désespérée, rageuse aussi même, parfois. Elle a dissimulé dans un tiroir les pilules qu'elle est censée prendre car elle s'y refuse encore en un sursaut d'indépendance, et puis quand elle se shoote c'est à l'amour, non aux médicaments enfin ... plus maintenant !
Pour calmer sa paranoïa galopante, elle se raconte, avance des preuves, évoque ses anciens amants qui furent nombreux, mais comment aurait-il pu en être autrement ?
Les ombres de Clark Gable (qu'elle surnommait : Daddy), celle de Marlon Brando, de Sinatra, de ? ... vous savez bien, l'acteur-chanteur français ! ... d' Arthur Miller, sans oublier les frères non pas Karamazov mais Kennedy passent en une ronde que même Schnitzler n'aurait osé imaginer.
Pour réaliser son rêve : égaler Garbo, elle était prête à tout et puis quand on y pense, " le sexe, quel merveilleux moyen d'expression ! " Tant pis pour ceux qui croient avoir de l'esprit en évoquant sa marche horizontale. D'ailleurs, jouir ou jouer, il n'y a finalement qu'une petite lettre de différence ...
Seulement, voilà, plus on grandit et plus les rêves rapetissent.
Grâce à son talent, Virginie Stevenoot entretient l'illusion. Qui est réellement son personnage ? Marilyn est là sous nos yeux, évoquant son existence pour devenir de plus en plus réelle et quand la comédienne précisera : " Marie, c'est l'autre, moi je m'appelle Marilyn " elle nous a tellement touchés que sans hésiter, on décide de la croire.

S.A.
theatrauteurs.




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photo : Hugues Marcouyau.

" Ma colocataire est encore une garce " de Fabrice BLIND, Michel DELGADO et Nelly MARRE , Mise en scène : Anne ROUMANOFF.
au Palais des Glaces : 37 rue du fg du Temple 75010 Paris. (M° République)
Tél. 01 42 02 27 17


Que peut donc faire un télescope dans un salon, surtout s'il n'est pas braqué en direction du ciel ? Etrange ... Il semble pourtant que la belle Sasha soit une experte en utilisation télescopique. Elle a le coup de main, l'oeil et le bon !
Arrivée inopinée d'un beauf qui déclare être le propriétaire des lieux pour en revendiquer la restitution puisque le bail arrive pile-poil à expiration.
Confusion de dates (en apparence du moins). Pas folle la guêpe, Sasha voyant bien que le visiteur est sensible à son charme va essayer de récupérer la situation en faisant notamment passer Luigi (son petit ami) pour son frère et parviendra même a éloigner l'importun pour une durée qui s'avérera plus courte que prévu.
Tous les ressorts de la comédie boulevardière fonctionnent au quart de tour.
Répliques destinées à déclencher l'hilarité du public, retournement de situations, bref chacun joue son numéro avec bonheur mettant les spectateurs en joie.
C'est sympathique et même si on ne risque pas une hernie au cerveau, on passe sur place un moment agréable. A voir pour le simple plaisir, ce qui en ces temps moroses constitue une perspective à ne pas négliger.

S.A.
theatrauteurs.






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" En attendant le vote des bêtes sauvages " Opéra-Théâtre d'après le roman d'Ahmadou Kourouma publié aux Editions du Seuil.
Adaptation et mise en scène : Sugeeta Fribourg - Musique d' Alain Huteau.


Théâtre Silvia Monfort : 106 rue Brancion 75015 Paris (M° Porte de Vanves)
Tél. 01 56 08 33 88


L' Afrique au coeur de notre Histoire, à la fois lointaine et présente.
N'ayons pas peur de reconnaître que l'homme blanc s'est toujours cru supérieur à ceux à qui il imposait une civilisation extérieure au mépris des croyances et coutumes de ces peuples. Peuplades, rectifieront certains car la diversité créée parfois la division. Nous avons donc apporté ce que nous nommons culture, en une forme d'instruction hiérarchisée à ces êtres nus ou presque, leur imposant même notre religion sans nous soucier de leurs croyances initiales qui valaient bien les nôtres.
Ce faisant, nous avons toujours au nom de la Civilisation, dévoyé leurs goûts naturels en les incitant à couvrir leurs corps peinturlurés de vêtements, puis de décorations réelles ou fictives.
Leurs guerriers ont servi dans nos armées et certains sont morts pour des guerres qui n'étaient pas les leurs. Les diplômes, l'éducation militaire ont alors monté à la tête de certains qui, obnubilés par le chemin parcouru ont ensuite tyrannisé leurs frères.
Le texte d' Ahmadou Kourouma nous raconte tout cela et beaucoup plus encore car les racines ethniques ne disparaissent pas aussi facilement.
Musique et lumières (toutes deux particulièrement réussies) sont les deux éléments indispensables à la mise en valeur du texte et les situations font mouche.
Nous sommes ici à mi-chemin entre le conte humoristique et la chronique.
Koyaga ressemble à beaucoup de dictateurs africains dont la formation a eu lieu en Europe. Autre figure remarquable du spectacle, cette femme éternellement belle et jeune mais qui se déplace cassée en deux, en laquelle on peut voir une allégorie de l' Afrique éternelle ployant sous le joug extérieur qui lui est imposé. Elle restera la mémoire de ce qui fut, l'énergie de ce peuple et Anne Le Coutour a une voix magnifique ! Un autre personnage fera la liaison semblable à ceux qui mus par de bons sentiments et en dépit de racines différentes veulent intercéder. (le comédien aux traits gréco-latins et à la voix européenne est maquillé en noir).
Les choeurs figurent tout à la fois la foule et les bêtes sauvages qui, si besoin est revendiqueraient le droit de vote afin que l'identité des indigènes soit préservée.
Apprenons à respecter le caractère spécifique de l' Afrique, nous prédateurs blancs.
S.A.
theatrauteurs

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